La version révisée de la Convention sur le brevet
européen (CBE 2000), adoptée par la conférence diplomatique du mois de novembre
2000, est entrée en vigueur pour tous ses Etats contractants le 13 décembre 2007.
C'est la première révision majeure de la Convention depuis la création de l'Organisation
européenne des brevets, il y a trente ans. Elle entraîne un certain nombre de modifications
pour adapter la Convention à l'évolution du droit international, en particulier
l'Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au
commerce (ADPIC) et le Traité sur le droit des brevets (PLT). La nouvelle
Convention renforce la position des demandeurs et des titulaires de brevet,
simplifie l'accès à la protection par brevet paneuropéenne et introduit de
nouvelles mesures juridiques correctives ainsi qu'une procédure centralisée de
limitation, sans pour autant s'écarter des principes fondamentaux ancrés dans la
Convention originale de 1973.
Le 1er mars 2007, la République de Malte est devenue le 32e Etat membre de l'Organisation européenne des
brevets, et au cours de l'année, la Croatie et la Norvège ont déposé leurs
instruments d'adhésion. Ainsi, depuis le 1er janvier 2008, l'Organisation compte 34 Etats
membres, et puisqu'il existe des accords d'extension avec quatre autres Etats,
le système du brevet européen offre désormais une protection par brevet dans 38
pays au total.
L'Office effectue des recherches d'antériorité relatives à des demandes
nationales pour le compte des membres de l'ex-Institut International des
Brevets (Belgique, France, Luxembourg, Pays-Bas et Turquie), au titre des
accords de travail qui ont été révisés en 2005. Les derniers de ces accords, à
savoir ceux pour la Belgique et le Luxembourg, sont entrés en vigueur le 1er janvier 2007.
La coopération entre les Etats membres et l'OEB dans le cadre du Réseau
européen en matière de brevets (REB) a bien progressé en 2007. L'une des
principales tâches de l'année a été la mise en oeuvre complète de la nouvelle
politique de coopération au sein du réseau, qui est fondée sur un échange de la
meilleure pratique et un transfert d'expertise parmi les Etats membres,
soutenus et facilités par l'OEB.
Les travaux relatifs à un projet pilote se sont poursuivis. Ce projet, qui
réunit des utilisateurs et les offices de brevets de l'Allemagne, de l'Autriche,
du Danemark ainsi que du Royaume-Uni, porte sur l'utilisation, par l'OEB, de
rapports de recherche établis par ces offices de brevets ; des progrès ont également
été accomplis en ce qui concerne le système européen de qualité commun. Comme
suite à la décision de l'OEB d'arrêter la production de recherches spéciales à compter
du 1er septembre 2007,
ces travaux sont à présent pris en charge par les offices de brevets des Etats
membres.
Un atelier réunissant des représentants des Etats membres s'est tenu à Vilnius
au mois de juin, afin de préparer de nouveaux programmes de coopération centrés
sur le transfert de technologies des universités vers l'industrie, ainsi que
sur des services ciblés relatifs aux brevets pour les petites entreprises, des
outils de collaboration et la distribution de matériel didactique. Des plans d'action
nationaux pour la coopération sont établis avec les offices nationaux des
brevets, et deux projets pilotes ont été lancés concernant d'une part le transfert
de technologies des universités vers l'industrie et d'autre part les services
de prédiagnostic PI pour les PME européennes innovantes.
En décembre 2007, la République de Saint-Marin a
été invitée à adhérer à la CBE et devrait ainsi devenir prochainement un nouvel
Etat membre, comme l'ancienne République yougoslave de Macédoine, qui a déjà
reçu son invitation en 2006.
Au cours de l'année, l'Union européenne a
examiné activement divers moyens de faire progresser le système de règlement
des litiges de brevets à l'échelle de l'Union européenne, pour les brevets
européens et communautaires. Le rapport sur l'état d'avancement présenté par la
présidence portugaise montre qu'un accord a été trouvé sur un certain nombre de
caractéristiques-clés, mais plusieurs questions importantes restent encore à
éclaircir, comme la compétence d'une juridiction communautaire en matière de
brevets européens et la nécessité de séparer les procédures pour la contrefaçon
et la révocation.
En 2007, des progrès importants ont aussi été accomplis en ce qui concerne la
réduction des coûts de traduction des brevets européens dans le cadre de l'Accord
de Londres, auquel l'Allemagne, le Danemark, l'Islande, la Lettonie, le
Liechtenstein, la Lituanie, Monaco, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Slovénie,
la Suède et la Suisse avaient déjà adhéré, ou qu'ils avaient ratifié ou mis en oeuvre
d'une autre façon. La même année, le Luxembourg et la Croatie les ont rejoints,
et en octobre, le Parlement français a finalement aussi donné son approbation,
permettant ainsi l'entrée en vigueur de l'Accord le 1er mai 2008.
Dans les Balkans occidentaux, la synergie entre
les activités bilatérales de l'OEB - telles que la consultance, la publication
électronique et la formation - et l'assistance technique financée par l'Union
européenne s'est vue renforcée en 2007. Dans le cadre du projet CARDS
(Community Assistance for Reconstruction, Development and Stabilisation -
Assistance Communautaire pour la reconstruction, le développement et la stabilisation)
pour la Croatie, l'OEB a pu faire participer cinq Etats membres à la mise en oeuvre
commune de l'assistance technique financée par l'UE, en organisant diverses formations
et visites d'étude. Le projet CARDS Serbie a permis de moderniser l'Institut de
la propriété intellectuelle à Belgrade, et à la fin de l'année, la Serbie a
ainsi été en mesure de demander une invitation à devenir membre de l'OEB.
ECAP II, le programme CE-ANASE de coopération en matière de droits de propriété
intellectuelle, s'est achevé avec succès le 31 décembre 2007. Après une
collaboration de près de sept ans avec la CE, l'Office de l'harmonisation dans
le marché intérieur (OHMI), l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est
(ANASE) et les acteurs de la PI européens et asiatiques, le projet a pris fin lors
d'une grande exposition sur la propriété intellectuelle qui s'est tenue à
Bangkok au mois de novembre.
En juin, l'OEB a signé un contrat avec la Commission européenne afin d'apporter
une assistance technique au projet UEChine sur la protection des droits de
propriété intellectuelle. Ce projet sur quatre ans a été conçu pour rendre plus
efficace la défense des droits de propriété intellectuelle en Chine, grâce à
une aide technique aux agences et institutions chinoises chargées des aspects
législatifs, judiciaires, administratifs, ainsi que du respect des droits.
La coopération entre l'OEB, l'Office japonais des
brevets (JPO) et l'Office des brevets et des marques des Etats-Unis (USPTO) a
surtout cherché à réutiliser les travaux effectués par les autres offices de la
coopération tripartite afin de réduire la charge de travail. Le mémorandum d'accord
signé lors de la Conférence tripartite annuelle qui s'est tenue à Washington en
novembre comprenait aussi des projets visant à améliorer la qualité, harmoniser
la pratique en matière de brevets, développer l'accès électronique aux documents
dans les offices de la coopération tripartite et renforcer le PCT. Les offices de
la coopération tripartite se sont aussi mis d'accord, en consultation avec les
utilisateurs, sur un format commun de demande permettant au demandeur qui doit
déposer sa demande auprès de chaque office, de ne plus préparer qu'une seule
demande dans un format commun accepté par tous, ce qui évite des modifications
d'ordre formel.
Un accord de partenariat stratégique a été signé
avec l'Office d'Etat de la propriété intellectuelle de la République populaire
de Chine (SIPO), afin d'améliorer la coopération entre les deux offices. Par
conséquent, et dans le but de faciliter l'accès à l'état de la technique
chinois pour l'OEB et l'industrie européenne, le SIPO a mis à disposition sa base
de données plein texte.
Un mémorandum d'accord de coopération a été
signé pour le développement d'un système de traduction automatique chinois-anglais.
Un autre mémorandum d'accord a été signé entre l'OEB et l'Agence de la
Fédération de Russie pour les brevets et les marques (ROSPATENT), pour définir
le cadre de futures coopérations et relations. Plusieurs manifestations d'information
brevets et de promotion de l'innovation ont été organisées en Russie au
deuxième semestre 2007.
2007 a été riche en événements pour le PCT. Un
certain nombre de changements importants sont entrés en vigueur le 1er avril, y compris de nouvelles dispositions sur
les parties ou éléments manquants de la demande internationale, la possibilité
de rétablir un droit de priorité perdu (sous réserve qu'il ait été satisfait à
l'exigence de « toute la vigilance nécessaire » auprès de l'OEB), la
rectification d'erreurs évidentes, l'ajout de la documentation coréenne dans la
documentation minimale du PCT, et la fixation de critères de qualité minimaux
pour les administrations chargées de la recherche internationale dans le
règlement d'exécution. Ces changements sont l'aboutissement de la réforme du
PCT lancée en 2001, qui avait pour but de simplifier ses procédures et de
rendre le traité plus efficace.
En septembre, l'Assemblée du PCT s'est mise d'accord pour ajouter le coréen et
le portugais aux langues de publication du PCT, et pour désigner l'Inde et le
Brésil en tant qu'ISA. Les Etats contractants du PCT sont finalement convenus d'un
nouveau système de recherche internationale supplémentaire qui devrait prendre
effet au 1er janvier 2009. Ce
système a été conçu pour éviter qu'un état de la technique non détecté précédemment
ne prenne les demandeurs au dépourvu au moment de l'entrée dans la phase
nationale/régionale.