Quant aux sources de la confiance légitime, elles ont été précisées dans plusieurs décisions. Dans la décision T 905/90 (JO 1994, 306, corr. 556), la chambre a estimé que la confiance légitime n'a pas pour seule source telle ou telle notification ou telle ou telle autre action entreprise dans le cadre de procédures particulières, ou encore telle ou telle déclaration officielle, comme des directives, mais peut fort bien résulter de l'existence de la pratique générale ou établie suivie par des organes de l'OEB. Tout changement de cette pratique sous ses divers aspects devrait être annoncé officiellement le plus tôt possible afin de ne pas induire les parties en erreur.
La chambre, dans l'affaire J 25/95 (et dans des décisions rendues le même jour : J 14/95, J 15/95, J 16/95, J 17/95, J 24/95), a dressé de façon synthétique la liste des sources en tenant compte de l'apport de la jurisprudence antérieure des chambres de recours. Il a été relevé que les sources de la confiance légitime sont limitées à certaines catégories d'informations : l'information émanant de l'OEB dans le cadre d'une affaire donnée, l'information contenue dans une déclaration officielle d'application générale et publiée par l'OEB, par exemple dans le JO, la pratique établie des services de l'OEB, et les décisions rendues par la Grande Chambre de recours eu égard à son rôle particulier. La confiance accordée par les utilisateurs à la continuité d'une pratique fondée sur une décision de la Grande Chambre de recours peut être considérée comme particulièrement légitime, puisque toutes les chambres de recours sont censées suivre l'interprétation que la Grande Chambre donne de la CBE.
Dans la décision J 27/94 (JO 1995, 831), la chambre a déclaré que dans certains cas, le public pouvait légitimement s'attendre à ce que la première instance ne s'écarte pas de la jurisprudence établie si, dans la pratique, les instances du premier degré se sont toujours conformées à cette jurisprudence, et notamment si le public en a été informé par des directives, des renseignements juridiques ou des notes publiés par l'OEB. En revanche, les chambres ont attiré l'attention dans plusieurs affaires sur le fait qu'une seule décision d'une chambre de recours ne peut pas susciter la confiance légitime qu'elle sera suivie à l'avenir (J 25/95,T 500/00). De plus amples informations concernant les effets de la jurisprudence sur le principe de confiance légitime figurent ci-dessous dans la partie intitulée "Revirement de jurisprudence et protection de la confiance légitime."