Aux termes de la règle 76(2)a) CBE (règle 55 a) CBE 1973), l'acte d'opposition doit comporter l'indication du nom, de l'adresse et de l'Etat du domicile ou du siège de l'opposant, dans les conditions prévues à la règle 41(2)c) CBE (règle 26(2)c) CBE 1973), laquelle précise les indications à fournir pour établir cette identité. Si l'identité d'un opposant n'est pas établie avant l'expiration du délai d'opposition, l'opposition est irrecevable (T 25/85, JO 1986, 81). Il ne peut pas être remédié à cette irrégularité (T 590/94).
Dans l'affaire T 870/92, la chambre a clarifié que lorsque l'indication du nom d'une personne morale ne correspond pas entièrement à sa désignation officielle (règles 26(2)c) et 61bis CBE 1973, désormais règles 41(2)c) et 86 CBE), cela ne signifie pas pour autant que l'opposition est irrecevable. Il convient de distinguer une indication inexacte, mais suffisante pour établir l'identité d'une partie, de l'absence de telles indications. Un nom erroné peut être corrigé à tout moment (règle 88, première phrase CBE 1973, désormais règle 139, première phrase CBE ; cf. également T 828/98).
Dans l'affaire T 1165/03, l'intimé a eu maintes raisons de mettre en question la recevabilité de l'opposition, raisons qui ont été fournies en grande partie par l'opposant lui-même ou pour son compte. L'une d'elles tenait à l'identité de l'opposant et, en particulier, à l'examen du justificatif de carte d'identité, versé à un stade très tardif, à savoir lors de la procédure orale devant la chambre. La chambre a considéré une carte d'identité ou un passeport comme le meilleur justificatif d'identité, étant toutefois entendu que, à l'instar de tous les justificatifs, sa valeur pouvait être contrebalancée, voire infirmée par d'autres justificatifs. En l'occurrence, deux copies de cartes d'identité différentes ont été produites. La première, envoyée à la division d'opposition, était certes encore moins lisible que la copie transmise par télécopie à la chambre, mais elle n'était manifestement pas la copie du même document que celui apparaissant sur cette télécopie ou produit ultérieurement lors de la procédure orale. Dans la lettre signée au nom de l'opposant, il était indiqué que le nom de l'opposant n'avait été utilisé qu'accidentellement dans le contexte de la procédure, et que lui-même se trouvait plus souvent à son adresse professionnelle qu'à son adresse personnelle apparaissant sur la carte d'identité. Cependant, aucune adresse n'était lisible sur la première copie de la carte d'identité versée au dossier. De plus, l'adresse professionnelle mentionnée dans la lettre n'était pas celle qui figurait sur la deuxième copie de la carte d'identité fournie à la chambre. La chambre a donc estimé que le justificatif de carte d'identité n'était ni fiable ni probant.