Si les modifications apportées aux revendications indépendantes ne répondent manifestement pas aux exigences de l'article 123(2), il conviendra de ne pas accorder la révision préjudicielle et la division devra envoyer le dossier aux chambres de recours. En revanche, s'il y a des doutes quant à la question de savoir si les modifications répondent aux exigences de l'article 123(2) ou si celles-ci répondent manifestement à ces exigences, la division devra vérifier si les revendications modifiées répondent au(x) motif(s) de rejet et à toutes les objections élevées précédemment à l'encontre de la brevetabilité sur lesquelles le demandeur a eu l'occasion de se prononcer. Dans la négative, il conviendra de ne pas accorder le révision préjudicielle et la division devra envoyer le dossier aux chambres de recours.
S'il est manifeste que les modifications répondent aux motifs de rejet, la révision préjudicielle doit être accordée, même si de nouvelles objections apparaissent. Cela est dû au fait que le demandeur a droit à un examen par deux instances (cf. T 219/93).
Les critères importants sont donc les suivants (cf. T 47/90)
1. le texte n'est plus le même (ou n'est plus équivalent)
2. des modifications substantielles ont été apportées.
Normalement, des modifications qui ne changent rien par rapport aux documents déjà cités dans la décision (toujours pas de nouveauté ou d'activité inventive) ne sont pas considérées comme "substantielles" au point de nécessiter une révision préjudicielle. Il incombe à l'examinateur de décider, dans chaque cas, si les modifications apportées aux revendications sont de nature telle que l'examen doit être poursuivi sur une nouvelle base. C'est par exemple le cas lorsque l'activité inventive exige une tout autre argumentation.
Pour prendre cette décision, il importe, dans un souci de rationalisation de la procédure et dans l'intérêt du demandeur qui ne devra pas acquitter une deuxième taxe de recours, de prendre en considération non seulement les motifs mentionnés dans la décision, mais également toutes les objections élevées précédemment à l'encontre de la brevetabilité et sur lesquelles le demandeur a eu l'occasion de se prononcer (par ex. les objections mentionnées dans une opinion incidente de la décision, ou celles mentionnées lors de notifications antérieures, de consultations personnelles ou de procédures orales).
Exemples :