Une biotechnologie plus douce

Nominée pour le « Prix de l’inventeur européen de l’année 2009 » dans la catégorie « Œuvre d’une vie »

Pendant des décennies, l'utilisation d'enzymes comme catalyseurs dans des réactions chimiques était limitée à des applications à petite échelle. C'était avant que la biochimiste Maria-Regina Kula révèle le potentiel catalytique d'une enzyme appelée formiate déshydrogénase (FDH) utilisée aujourd'hui à l'échelle industrielle.

Maria-Regina Kula

En bref

Inventeur(s) : Maria-Regina Kula (D)

Invention : contributions apportées dans le domaine de la biochimie

Domaine : biochimie 

Entreprise : Envonik

Les « catalyseurs » constituent un groupe d'éléments d'une importance cruciale pour la chimie. Grâce à eux, des réactions chimiques peuvent se produire, sans nécessiter une énergie d'activation trop forte, ni des températures très élevées.

Le seul problème est que ces catalyseurs ont tendance à coûter très cher. De plus, certains sont nocifs pour l'environnement. Alors, pendant des années, de nombreux procédés chimiques sont restés trop onéreux pour une production à l'échelle industrielle.

Les choses ont changé quand la biochimiste allemande Maria-Regina Kula a apporté la preuve du potentiel catalytique d'une enzyme appelée formiate déshydrogénase (FDH) que l'on rencontre dans la nature. En 1983, Maria-Regina Kula isole l'enzyme dans de la levure, en l'occurrence de la Candida boidinii.

Un seul problème subsiste : la FDH, sous sa forme naturelle, est assez instable. Mme Kula consulte alors la spécialiste Martina Pohl du Centre de recherche de l'Université Heinrich Heine de Jülich avec laquelle elle menait ses recherches. En 2001, M. Pohl résout le problème en créant une souche génétiquement stabilisée de FDH. 

Le catalyseur naturel inaugure une nouvelle ère de la biotechnologie « douce » pour les fabricants. La société allemande Evonik emploie le procédé breveté de Mme Kula pour produire des substances commercialisées sous forme de nouveaux traitements contre le cancer, les inflammations et les infections virales.

L'économie est considérable : une réaction qui nécessitait pour 2000 euros de produits chimiques catalytiques peut désormais être créée moyennant un coût de 2 euros. Les ingrédients actifs créés par les enzymes « douces » entrent maintenant dans la composition de traitements du cancer, de l'asthme, de l'hypercholestérolémie et du Sida.

Tout au long de sa carrière, Mme Kula a plaidé en faveur de l'avancement des femmes dans le domaine scientifique. L'inventrice de 71 ans a reçu de nombreux prix pour son travail, dont la Croix fédérale du mérite en 1997 et le German Future Prize en 2002.

Pour en savoir plus sur la formiate déshydrogénase (FDH)

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