Quinze inventeurs remarquables en finale du Prix de l’inventeur européen

Le 2 mai 2012

Quinze scientifiques et entrepreneurs ont été sélectionnés pour la finale du Prix de l'inventeur européen. Organisé tous les ans par l'Office européen des brevets (OEB), ce prix distingue des inventeurs ayant contribué de manière significative au progrès technologique, social et économique. Les noms des vainqueurs de l'édition 2012 seront dévoilés lors de la cérémonie de remise des prix le 14 juin à Copenhague. Les projets des quinze finalistes touchent des domaines aussi variés que la technologie médicale, la médecine, les télécommunications, le traitement des eaux usées, le recyclage de batteries, le stockage d'énergie, l'environnement, l'habillement, le laser, la fabrication de rails et la construction. Les finalistes sont originaires de sept pays d'Europe et de deux pays non-européens.

Le Prix de l'inventeur européen comprend cinq catégories : « Industrie », « Recherche », « Petites et Moyennes Entreprises (PME) », « Pays non-européens » et « Œuvre d'une vie ». Sur quelque deux cents inventeurs ou équipes initialement sélectionnés, quinze figurent parmi les finalistes choisis par un jury international composé de personnalités issues du monde économique, de la recherche, de la politique et des médias.

« Les brevets jouent un rôle clé pour stimuler l'innovation, favoriser l'emploi et faire avancer la société. Derrière chaque invention se cachent des hommes et des femmes, poussés par la passion de découvrir, auxquels l'Office européen des brevets tient à rendre hommage. Ce sont eux les véritables héros du XXIe siècle» a déclaré Benoît Battistelli, Président de l'OEB.

Finalistes dans la catégorie « Œuvre d'une vie »

Les trois inventeurs dans la catégorie « Œuvre d'une vie » viennent d'Autriche, d'Allemagne et d'Italie.

L'ingénieur et entrepreneur autrichien Josef Theurer a déposé 1 050 familles de brevets au cours de sa vie, tout en bâtissant l'une des multinationales autrichiennes les plus performantes, Plasser & Theurer, qui est le leader mondial des machines destinées à l'entretien des voies ferrées.

Le professeur Josef Bille de l'université d'Heidelberg en Allemagne a déposé près de 100 brevets dans le domaine de l'ophtalmologie et est considéré comme le pionnier de la correction de la vue au laser. Extrêmement innovante, son invention a permis de corriger avec plus de précision la myopie, la presbytie et l’astigmatisme de millions de patients dans le monde.

Le troisième finaliste est un entrepreneur italien, Mario Moretti Polegato, fondateur de l'entreprise GEOX. Sa détermination à trouver une meilleure solution à la transpiration des pieds l'a conduit à développer des chaussures « qui respirent », véritable révolution dans ce secteur d'activité.

Finalistes dans la catégorie « Industrie »

Les finalistes de la catégorie « Industrie » viennent d'Allemagne, des Pays-Bas et du Danemark.

Le cardiologue allemand Hugo Katus a développé, avec Klaus Hallermayer de Roche Diagnostics, un nouveau test sanguin, révolutionnant le diagnostic des attaques cardiaques, actuellement la principale cause de décès dans le monde. Le test d'anticorps de la Troponine T permet de détecter avec une précision accrue les maladies coronariennes et est devenu « l'étalon-or » des cardiologues du monde entier.

Jaap Haartsen des Pays-Bas a inventé le Bluetooth alors qu'il travaillait pour LM Ericsson Telephone. Utilisé dans plus de deux milliards d'appareils dans le monde, le Bluetooth a modifié non seulement la manière dont les appareils électroniques communiquent entre eux, mais aussi la façon dont les gens sont connectés et échangent.

L'équipe danoise de Jan Tøpholm, Søren Westermann et Svend Vitting Andersen a mis au point une méthode assistée par ordinateur pour fabriquer des appareils auditifs sur mesure et confortables. Cette méthode de fabrication unique par stéréolithographie connue sous le nom de CAMISHA (Fabrication assistée par ordinateur de coques individuelles d'aides auditives) a immédiatement révolutionné le monde de l'aide auditive.

Finalistes dans la catégorie « Recherche »

Les trois équipes finalistes de la catégorie « Recherche » viennent du Royaume-Uni, d'Australie, de France et des Pays-Bas.

Le professeur Jason Chin (Royaume-Uni) et le professeur Oliver Rackham (Australie) ont créé un procédé permettant d'incorporer des acides aminés non naturels dans des protéines, ce qui permet désormais aux biologistes moléculaires de contrôler et de comprendre le fonctionnement des protéines dans les cellules avec une précision inégalée. Très innovante, leur invention peut potentiellement révolutionner l'usage des protéines utilisées de manière thérapeutique, dans le cas du traitement à l'insuline, aussi bien que pour détecter des cancers de la prostate, des ovaires et du colon.

Cent fois plus infectieuse que le VIH, l’hépatite B est une maladie particulièrement tenace qui affecte environ 350 millions de personnes dans le monde de manière chronique. Elle a développé des formes de résistance à la plupart des traitements, jusqu’à ce que Gilles Gosselin, le professeur Jean-Louis Imbach et Martin L. Bryant (France) mettent au point un médicament qui s’est avéré très efficace. Le médicament a été commercialisé avec succès.

Le professeur Mark van Loosdrecht, Merle Krista de Kreuk et Joseph Heijnen (Pays-Bas) ont inventé une technologie poussée en matière de traitement des eaux usées qui s'appuie sur la biomasse aérobie granulaire et qui a déjà une application commerciale. Le procédé NEREDA permet de réduire les niveaux d'azote et de phosphate de 95% sans faire appel à d'autres produits chimiques.

Finalistes dans la catégorie « Petites et Moyennes Entreprises (PME) »

Les trois entrepreneurs et leurs équipes de la catégorie « PME » viennent d'Allemagne et de France.

Manfred Stefener (Allemagne), fondateur de Smart Fuel Cell AG (SFC), Oliver Freitag et Jens Müller ont créé la première pile à combustible portable à base de méthanol, ou DFMC. Les piles de SFC sont aujourd'hui utilisées pour des applications variées, comme pour la gestion de trafic, pour des systèmes de sécurité et de surveillance et pour alimenter des capteurs isolés de collecte de données environnementales. SFC a vendu plus de 20.000 piles à combustible portables depuis sa création en 2000.

Passionné de régates et ancien triple vainqueur de l'Admirals Cup, Stefan Lehnert (Allemagne) poursuivait l'objectif d'améliorer les voiles de son bateau, ce qui l'a conduit à développer des solutions pour toitures et façades à base d'EFTE (éthylène tétrafluoroéthylène). Ces systèmes de revêtement, qui s'appuient sur des coussins en plastique remplis d'air, ont depuis repoussé les limites de l'architecture et permis la création de structures très innovantes telles que l'Eden Project en Angleterre ou le Centre national de natation de Pékin en Chine.

Les scientifiques français Farouk Tedjar et Jean-Claude Foudraz ont mis au point une nouvelle méthode pour recycler les batteries lithium-ion et récupérer 98% des métaux précieux qu'elles contiennent. Jeter ces piles rechargeables crée une énorme quantité de déchets : environ 180.000 à 200.000 tonnes par an rien qu'en Europe.

Finalistes de la catégorie « Pays non-Européens »

Dans la catégorie « Pays non-Européens », les trois finalistes viennent des Etats-Unis et d'Australie.

Le scientifique autodidacte et entrepreneur social Stanford Ovshinsky a développé des batteries NiMH qui offrent une solution de stockage d'énergie propre d'une longévité record et deux à trois fois la capacité des batteries nickel-cadmium de la même taille. Elles se sont révélées être des batteries particulièrement adaptées au marché des appareils électroniques mobiles. Elles ont par ailleurs contribué au développement du secteur des véhicules hybrides et électriques : plus de 4,5 millions de véhicules hybrides électriques équipés de batteries NiMH ont été vendus dans le monde, sans compter ceux actuellement en cours de fabrication. Stanford Ovshinsky a consacré sa vie à la recherche et à l'innovation et détient plus de 400 brevets à son nom.

Le professeur Federico Capasso (Etats-Unis), le professeur Jérôme Faist (Suisse) et leur équipe ont inventé les lasers à cascade quantique (LCQ), capables d'atteindre des zones du spectre électromagnétique jusque là inatteignables par la lumière laser. Aujourd'hui, la capacité des LCQ à produire des bandes passantes larges, une luminosité élevée et le fait d'être très puissants et efficaces à partir d'une source compacte, a abouti au développement d'une gamme de produits uniques, de capteurs portatifs pour la détection d'explosifs ou d'autres produits chimiques toxiques, à des systèmes radar plus puissants.

John O' Sullivan, Graham Daniels, Terence Percival, Diethelm Ostry et John Deane (Australie) ont créé une technologie qui a rendu le réseau local sans fil rapide et robuste, lui permettant de devenir aussi puissant que les solutions câblées d'alors, et qui a conduit à la technologie d'aujourd'hui des réseaux sans fil (Wi-Fi).

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