Please activate JavaScript!
Please install Adobe Flash Player, click here for download

EPO_Portrait of an examiner

chose d’énorme. Une journée qu’elle n’est pas près d’oublier. Les demandes qui atterrissent sur son bureau donnent à Katerina Theodoridou une idée de ce qu’il se passe dans le monde. Par exemple, l’augmentation du nombre des demandes émanant d’Europe de l’Est et de Chine reflète la dynamique de l’économie mondiale et les nombreuses demandes portant sur le recyclage de cendres ou de gravats dans la fabrication du ciment et du béton lui donnent à penser que le développement durable et les technolo- gies vertes sont aussi appelés à jouer un rôle croissant dans le secteur de la construction. La visite des locaux de l’OEB à La Haye n’est pas sans rappeler Babylone. Une promenade dans les longs couloirs de l’Office vous permet de faire le tour de l’Europe. Les plaques nomi- natives posées sur les portes de bureau at- testent du caractère cosmopolite du personnel. M. Sanchez occupe le bureau à côté de M. Magnin, de M. Johansson, de M. Schulz qui est lui-même à côté de Mme Theodoridou.Toutes portes ouvertes, les bureaux donnent accès à une nouvelle culture et à un nouvel espace de savoir. "Je travaille avec de grands scienti- fiques de l’Europe entière", déclare Katerina Theodoridou, et d’ajouter : "dans quel autre endroit peut-on retrouver ça ?". La diversité des équipes est pour Katerina Theodoridou "l’une des raisons principales pour lesquelles je trouve mon travail si intéressant" mais aussi une ressource essentielle de l’Office, bien utile dans le travail quotidien : les idées et les de- mandeurs proviennent également d’un grand nombre de pays différents. "Beaucoup de gens", poursuit Katerina Theodo- ridou, "pensent que j’accomplis un travail ad- ministratif rebutant". Elle rit à cette pensée, sûrement parce que son travail à l’OEB n’a ces- sé d’évoluer au fil des ans – et pas seulement parce que de "nouvelles technologies voient sans cesse le jour et que tout bouge", mais aussi parce que la recherche au quotidien dans les fichiers et les salles d’archives a été rempla- cée par la consultation de bases de données et des outils informatiques. "En fait, nous avons appris un nouveau métier", explique Katerina Theodoridou, qui a activement accompagné le changement de l’institution au sein de divers groupes de travail et en tant que membre d’une équipe de soutien. "A l’image de l’écono- mie mondiale et des technologies qui évo- luent, nous devons nous aussi nous transfor- mer", dit-elle, pas du tout gênée par l’évolution permanente de l’économie et du droit des bre- vets : "le changement est un défi qu’il nous faut relever. Nous ne pouvons pas céder à l’im- mobilisme." Vêtue d’un tailleur-pantalon coupe cigarette, un dossier sous le bras, Katerina Theodoridou arpente les couloirs d’un pas rapide et éner- gique. Elle pourrait sans problème passer pour le manager d’un groupe international. "Nous voulons avant tout offrir un bon produit". Kate- rina Theodoridou rencontre ses collègues de l’équipe d’examinateurs afin de définir une position commune avant une réunion avec des conseils en propriété industrielle d’un groupe. Ils doivent parler d’une seule voix. Le deman- deur a toutefois la possibilité de contester un rejet ; parfois, il arrive qu’un tiers forme une opposition qui doit alors être réglée dans le cadre d’"opposition meetings". Katerina Theodoridou ne se considère pas comme une simple bureaucrate, qui dégaine son tampon "non" à la moindre occasion, mais plutôt comme une partenaire du demandeur. "Bien souvent, le brevet ne peut pas être délivré tel qu’il a été demandé", explique-t-elle, "et nous faisons tout notre possible pour que le client dispose au final d’un brevet de grande valeur, même s’il faut pour cela légèrement revoir la structure de la demande originale". En plus de vingt ans, Katerina Theodoridou n’a encore jamais vu un inventeur en colère se précipiter dans son bureau ou des conseils en propriété industrielle d’un grand groupe em- ployer les grands moyens. "Nous entretenons des rapports très professionnels", affirme-t-elle calmement, "et partageons le même but : la délivrance d’un brevet. Cela est également positif pour la société, car l’invention suivante s’appuiera dessus." 10Europäisches Patentamt European Patent Office Office européen des brevets