TOLMEGA, FRANCE, un fabricant reconnu de produits standard, tels que des chemins de câbles, estime que la propriété intellectuelle est un outil important qui, plus que tout autre chose, protège l’image de l’entreprise.
Dans des secteurs d’activité tels que les chemins de câbles, où les produits sont des biens d’usage courant, l’innovation est essentielle pour acquérir et conserver des avantages concurrentiels.
Tolmega a développé un chemin de câbles télescopique protégé et exploité sous la marque T-Scopic qui répond aux besoins du marché. En intégrant la propriété intellectuelle à sa stratégie, Tolmega protège l’exploitation de ses innovations et renforce son image de marque auprès de ses clients dans un secteur arrivé à maturité.
Tolmega est une entreprise française née de la fusion, en 2000, de deux entreprises (Tolartois et Mécafablon) fondées dans les années soixante et spécialisées dans les produits très répandus, tels que les chemins de câbles et les caillebotis métalliques. Initialement affiliée au groupe Gantois, Tolmega a fait scission en 2005 afin d’intégrer le groupe Hager. Avec ses filiales, l’entreprise est aujourd’hui une vaste PME de plus de 300 employés répartis sur quatre sites.
L’organisation de Tolmega s’articule autour de trois secteurs d’activité : les chemins de câbles, les caillebotis métalliques et les produits métalliques pour le bâtiment. La présente étude de cas porte essentiellement sur les chemins de câbles, qui représentent la majeure partie du chiffre d’affaires total.
Destinés au commerce interentreprises, les produits Tolmega s’adressent à tous les types d’entreprises, quels que soient leur taille et leur secteur d’activité. La principale zone de chalandise couvre l’Europe, l’Afrique du Nord, le Moyen-Orient et les Etats du Golfe. Occasionnellement, le groupe intervient en Asie et en Océanie. Il n’est pas présent sur le continent américain.
Tolmega évolue dans un environnement extrêmement concurrentiel. Dans le secteur des chemins de câbles, l’entreprise compte quatre ou cinq concurrents en France et une centaine en Europe. Tolmega a pour ambition de s’imposer sur le marché français. Bien que les ventes fluctuent considérablement d’une année à l’autre, 2004 et 2005 ont été de très bonnes années.
L’innovation joue un rôle clé au sein d’une entreprise qui commercialise des produits aussi courants que les chemins de câbles. L’innovation doit permettre à l’installateur de gagner du temps et à l’entreprise de proposer une offre suffisamment attractive à ses distributeurs. Selon Jean-Hubert Petit, directeur marketing, il s’agit là de deux facteurs de réussite cruciaux. Pour les chemins de câbles, Tolmega a formé une équipe permanente de R&D constituée de trois personnes (dans les autres secteurs d’activité, il n’y a pas de structure permanente de R&D et les équipes, généralement constituées de cinq ou six personnes, se forment en fonction de chaque projet). C’est la direction générale qui lance les projets de R&D, invariablement guidés par les retours des clients.
Afin d’être aussi réceptive que possible aux besoins des clients, Tolmega est certifiée ISO 9001 et 9002, et réalise des enquêtes de satisfaction client à intervalles réguliers.
Tolmega protège ses innovations en déposant des brevets et des marques. J. H. Petit, directeur marketing, est également responsable des questions de propriété intellectuelle. Celle-ci est au cœur de la politique de l’entreprise, laquelle suit l’évolution des besoins du marché.
Le portefeuille de marques est géré en interne. S’agissant des brevets, J. H. Petit fait appel aux compétences d’un avocat en brevets pour rédiger des demandes, administrer le portefeuille et, si nécessaire, gérer les contentieux. La multitude de brevets qui existent dans le domaine des chemins de câbles augmente le risque de litige. Toutefois, à ce jour, aucune contrefaçon des produits Tolmega n’a encore été identifiée. J. H. Petit sait à quel point il est important pour l’entreprise de prendre toutes les mesures appropriées pour se protéger et veiller au respect de ses brevets et technologies. La gestion des brevets et la veille concurrentielle sont donc menées en interne.
Il convient de noter que, dans les secteurs d’activité de Tolmega, la concession de licences ne constitue pas une pratique courante. Les entreprises de tôlerie déposent de nombreuses demandes de brevets, mais n’octroient pas de licences : elles les exploitent elles-mêmes.
La protection des brevets constitue non seulement une condition préliminaire essentielle à l’exploitation, mais elle représente également un argument de vente déterminant. En fait, un brevet véhicule l’image d’une entreprise innovante. Tolmega cherche donc à exploiter des inventions authentiques, telles que le chemin de câbles télescopique commercialisé sous la marque T-Scopic. La palette de produits de Tolmega comprend des chemins de câbles, commercialisés sous la marque Tolmega, par exemple T-Scopic, un chemin de câbles télescopique. En outre, l’entreprise commercialise des caillebotis métalliques sous la marque « Le caillebotis Tolartois » et sous-traite la tôlerie, la découpe et les fournitures pour l’industrie et le bâtiment sous la marque « Tolartois Industrie/Bâtiment ».
Il en va de même pour les marques : le groupe cherche à exploiter des marques phares et fortes. Tolmega résultant de la fusion de plusieurs entreprises qui existaient depuis plus de trente ans, la société ne s’est pas encore fait un nom. En fait, le nom « Tolartois » est encore largement utilisé dans tout le secteur pour désigner les différents secteurs d’activité (« Le caillebotis Tolartois », « Tolartois Industrie/Bâtiment »).
L’entreprise détient en tout une vingtaine de brevets français en cours de validité, dont un tiers a obtenu des extensions (avec une vingtaine de validations), et un brevet américain. Une trentaine de marques sont actuellement en usage.
Le chemin de câbles télescopique (T-Scopic) développé par Tolmega répond à un besoin du marché en termes de rapidité d’installation et de facilité de stockage. Ce système télescopique permet en fait d’installer des chemins de câbles de deux mètres qui, grâce à un système de blocage sans couple, peuvent facilement et rapidement s’allonger jusqu’à quatre mètres de long, au lieu des trois mètres habituels. Cette innovation constitue un progrès important et décisif en termes d’installation, de manutention et de logistique.
Breveté en France en 2001, ce système a reçu en 2002 une extension de l’Office européen des brevets comportant d’importantes modifications. Une demande de brevet a été déposée aux Etats-Unis en 2003. La stratégie de protection industrielle permet de protéger l’exploitation et d’obtenir un avantage concurrentiel en s’attaquant directement à la concurrence, tout en renforçant le positionnement technologique de l’entreprise.
En fait, en termes d’exploitation, T-Scopic a reçu un accueil favorable du marché et les retours des clients ont été positifs. En général, selon les propres termes de J. H. Petit, « une fois qu’on l’a essayé, on l’adopte ». Les ventes de T-Scopic, qui ont représenté la moitié de l’activité de l’entreprise en 2003, augmentent de façon « significative ».
En outre, la stratégie de dépôt de brevet pour une invention authentique, telle que T-Scopic, contribue à conférer à Tolmega l’image d’une société innovante. D’après J. H. Petit, le fait de communiquer sur la détention de brevets pour une innovation telle que le chemin de câbles télescopique permet de faire savoir au marché que l’entreprise dispose d’une réelle capacité d’invention et, de surcroît, qu’un potentiel existe en termes d’applications sur le marché.
Lorsqu’elles innovent, les PME doivent employer des armes telles que les brevets et les marques. Lors du dépôt d’un brevet, J. H. Petit souligne combien il est important de s’adjoindre les services d’avocats en propriété intellectuelle, sans qui la demande risque d’être déclarée non valide.
Toutefois, les PME doivent aussi choisir minutieusement ce qu’elles souhaitent breveter : le coût restreint fortement la propriété intellectuelle des PME. L’accès aux brevets européens et américains est limité par les coûts des validations nationales et traductions.
Les risques de poursuites légales constituent un autre obstacle pour leur propriété intellectuelle. Les PME ne disposent que d’un temps et de ressources financières limités lorsqu’elles se trouvent confrontées à de grandes et puissantes entreprises.
Effectif : 300 employés répartis sur quatre sites.
Chiffre d'affaires 2004 : 46 millions d’euros, dont près de la moitié générée par la vente de chemins de câbles.
Produits phares : chemins de câbles, caillebotis métalliques.
Clients : entreprises de tous les secteurs d’activité.
Tolmega
Avenue de la Ferme du Roy
BP 213
62404 Béthune Cedex
France
www.tolmega.com
Protection conférée par des brevets : une vingtaine de brevets nationaux, dont un tiers a reçu des extensions de l'Office européen des brevets. Une demande de brevet aux Etats-Unis.
Ordre des demandes de brevet : chez Tolmega, la stratégie de dépôt de brevet est étroitement liée au processus de gestation de l’innovation. L’entreprise commence généralement par déposer une enveloppe dite « Soleau » (qui permet d’enregistrer la date d’une invention), puis une demande de brevet français.Un tiers des demandes de brevet national reçoivent des extensions de l'Office européen des brevets.
Service : Jean-Hubert Petit, directeur marketing, est également responsable de la propriété intellectuelle. Il recourt aux services d’avocats en propriété intellectuelle pour gérer son portefeuille de brevets.
Budget : compte tenu du coût des brevets, des honoraires des avocats en propriété intellectuelle et du coût des procédure légales, le budget annuel de la propriété intellectuelle peut fluctuer entre 50 000 et 250 000 euros.
Facteurs de réussite : gagner du temps lors de l’installation et proposer une offre suffisamment attractive. Développer une image de marque essentiellement axée sur l’innovation, associant étroitement les brevets et les marques.
Office européen des brevets
Erhardtstr. 27, 80469 Munich, Allemagne
Tél. : +49 89 2399 4636
E-mail: sme@epo.org
www.epo.org
Institut National de la Propriété Industrielle
Observatoire de la Propriété Intellectuelle
97, Boulevard Carnot, 59 040 Lille Cedex, France
Tel.: +33 328 363372/69
E-mail: observatoire@inpi.fr
www.inpi.fr