Installée à la périphérie de Munich, Xignal est une entreprise du secteur hautement concurrentiel des semi-conducteurs, encore au stade de développement. Sur 32 employés, 25 se consacrent à la recherche et développement. Après avoir changé de modèle d'entreprise pour passer d’une structure dédiée à la propriété intellectuelle à une entreprise spécialisée dans les circuits intégrés dénuée d’infrastructure de fabrication, Xignal a entrepris de mettre en place des canaux de vente et de distribution et de développer une interaction directe avec les clients (marchés verticaux).
Xignal est ce que l'on appelle une entreprise de semi-conducteurs « fabless », ce qui signifie qu'elle externalise la fabrication de ses produits. Dans son cas, elle la confie à une entreprise taïwanaise. Le marché étant dominé par de grandes entreprises, comme les géants européens Infineon, STMicroelectronics et Philips Electronics, Xignal se concentre sur deux produits de niche : une horloge à hautes performances qui sert de métronome de semi-conducteur et un convertisseur analogique-numérique de pointe à très faible consommation qui peut être utilisé dans le secteur médical ou dans des applications industrielles, notamment dans des appareils de test et de mesure, ainsi que dans le secteur automobile.
Parmi les cibles figurent des géants tels que General Electric, Philips et Siemens, ainsi que des marchés étrangers tels que les Etats-Unis, l'Europe et le Japon. Avec les nombreuses applications commerciales possibles de ses produits, de l'équipement à ultrasons à l'électronique grand public, Xignal essaie également de se positionner auprès de distributeurs afin d'accéder à une gamme d'applications aussi étendue que possible (marchés horizontaux).
La propriété intellectuelle est un aspect important pour cette petite entreprise, sans qu'il s'agisse d'une préoccupation majeure. L'entreprise a bien l'intention de tirer parti du système des brevets pour atteindre ses objectifs. Avant de consacrer des ressources à de nouvelles recherches, un ingénieur parcourt en interne une base de données commerciale sur les brevets pour vérifier que les efforts ne seront pas vains du fait de l'existence de telle technologie ou invention. Xignal ne perd pas d'argent à recréer des inventions disponibles sous licence auprès de tiers et prend soin de passer les technologies existantes en revue, à l'aide d'une base de données de brevets, avant de lancer ses propres créations. L'entreprise n'a pas eu recours à la concession de licence pour le moment, mais, explique H. Geib, elle tire parti des technologies existantes mises à sa disposition par l'usine de fabrication taïwanaise qui réalise ses produits.
Attachant une grande importance à la protection d'une invention par un brevet et l’entreprise récompense les inventeurs. Toutefois, à son stade actuel de développement, la tâche qui consiste à déterminer si un produit vaut le coup d'être breveté et si un brevet concurrent existe déjà est laissée aux soins d'un comité des brevets. Un avocat externe rédige les demandes de brevet et examine les recherches de brevets fournies par l'entreprise. L’adjoint de direction chargé du marketing de Xignal intervient également.
Le processus se déroule de la façon suivante : un ingénieur crée une invention susceptible de mériter un brevet. H. Geib, avec plus de douze brevets à son actif (qui sont désormais la propriété de précédents employeurs comme Infineon), et deux ingénieurs se réunissent en un comité directeur. Ils analysent le marché potentiel et déterminent, à partir d'une base de données de brevets si des brevets existants sont susceptibles de restreindre leur liberté d'action et/ou de les empêcher de faire breveter leur propre invention. Ils déterminent également si le brevet permettra de protéger le type de savoir-faire convoité par la concurrence. Ils définissent ensuite si la technologie est suffisamment exclusive pour mériter une telle démarche. Le coût n'est pas un frein au dépôt de brevets. « Pour une petite entreprise, il est très important de disposer d'un certain nombre de brevets », explique H. Geib.
Une liste des brevets concernant des technologies apparentées est alors remise à l'avocat externe, conjointement à des informations sur la technologie ou le processus à déposer. L'avocat étudie les brevets susceptibles de poser problème et, une fois tout risque écarte, rédige la demande de brevet. La demande de brevet est d'abord déposée au niveau national, puis aux Etats-Unis et éventuellement auprès de l'Office européen des brevets. Au total, l'entreprise a déposé 18 demandes de brevet auprès de l'Office allemand et de l'Office américain des brevets et des marques. Elle détient 9 brevets dans ces deux pays et d'autres brevets d'invention sont actuellement à l'étude.
Même si le processus de dépôt de brevet de Xignal n'est pas sophistiqué, il est crucial. « Dans notre activité, mieux vaut déposer un brevet que garder des secrets », estime H. Geib. « Si vous ne déposez pas de brevet, quelqu'un d'autre le fera à votre place. »
En définitive, il s'agit plus de minimiser les risques que d'exploiter des opportunités. Avec des ressources limitées, l’entreprise est consciente que poursuivre des sociétés qui auraient usurpé ses brevets serait un vrai défi. L'entreprise ne surveille pas systématiquement les activités de ses concurrents à cet égard. Elle s'en remet plutôt à sa connaissance des technologies et stratégies de ses concurrents et croise les doigts. Elle essaie également de limiter les risques en brevetant ses inventions et en ne publiant peu après que le minimum de détails requis de façon à empêcher les concurrents d'utiliser ses inventions. Malheureusement, cela n'est pas toujours possible. L'ingénierie inverse, qui consiste à décomposer un produit pour savoir comment il a été obtenu, est un réel problème dans le secteur des semi-conducteurs. Contrairement aux grandes entreprises, Xignal n'a généralement pas recours à des brevets supplémentaires pour protéger ses brevets.
Xignal n'a de cesse d'innover et de peaufiner sa stratégie en matière de brevets. Cependant, comme beaucoup de petites entreprises, malgré deux cycles d'investissement sous la forme de capital-risque, les ressources demeurent restreintes et le savoir interne relatif à la propriété intellectuelle limité. A l'avenir, l'entreprise espère améliorer cet aspect de son activité. L’adjoint de direction chargé du marketing qui intervient dans les problèmes de brevets suit actuellement une formation. L'entreprise envisage en outre d'avoir recours à un prestataire externe pour la gestion des questions de propriété intellectuelle.
Dans le même temps, Xignal reste dépendante de son avocat externe, ce qui est en soi une difficulté. Contrairement à de grandes entreprises, comme Infineon, d'où sont issus de nombreux employés, Xignal ne dispose d'aucun service interne ayant des connaissances pointues sur la propriété intellectuelle et sur le secteur des semi-conducteurs.
Les circuits intégrés à signal mixte de pointe conçus par Xignal se caractérisent par leur très faible consommation (généralement 50 à 75 % inférieure aux autres solutions), leur très haut niveau d'intégration qui contribue à réduire considérablement les coûts des systèmes, ainsi que par leurs niveaux de performance sans précédent qui permettent d'optimiser l'architecture des systèmes. Les principales gammes de produits regroupent des horloges à faible gigue pour la communication et des convertisseurs analogique-numérique de type delta-sigma à temps continu.
Effectif : 32
Produits phares : horloges à hautes performances et convertisseurs analogique-numérique à hautes performances et faible consommation d’énergie.
Clients : parmi les cibles figurent General Electric, Philips et Siemens.
Xignal Technologies AG
Leipziger Strasse 16
82008 Unterhaching
Allemagne
www.xignal.com
Protection conférée par des brevets :
neuf brevets allemands et neuf brevets américains dans neuf familles.
Ordre des dépôts de brevet : au niveau national dans un premier temps, puis aux Etats-Unis et peut-être auprès de l'Office européen des brevets.
Service : équipe informelle composée de trois ingénieurs. Recours à un avocat en brevets externe.
Facteurs de réussite : concentration sur les produits à hautes performances.
Défis : manque de ressources à consacrer à la gestion des droits de propriété intellectuelle et à la lutte contre les éventuelles contrefaçons. Savoir-faire juridique lié au secteur d'activité de l'entreprise.
Office européen des brevets
Erhardtstr. 27, 80469 Munich, Allemagne
Tel.: +49 89 2399 4636
E-mail: sme@epo.org
www.epo.org
Office allemand des brevets et des marques
Zweibrückenstr. 12, 80331 Munich, Germany
Tel.: +49 89 2195-0
e-mail: info@dpma.de
www.dpma.de