Stephen P.A. Fodor, Michael C. Pirrung, J. Leighton Read, Lubert Stryer
Puce à ADN
Prix de l'inventeur européen de l'année 2006 dans la catégorie "Petites et moyennes entreprises"
VLSIPS : abréviation plutôt énigmatique signifiant Very Large Scale Immobilised Polymer Synthesis (synthèse de polymères immobilisés à très grande échelle). L'acronyme de cette invention ne vous évoque peut-être pas grand-chose, mais vous la reconnaîtrez par sa désignation simplifiée et raccourcie : la puce à ADN, ou bio-puce.
Avancée majeure dans le domaine de l'analyse en biochimie, la puce à ADN provient d'une notion théorique selon laquelle les techniques de fabrication des semi-conducteurs pourraient être combinées aux avancées de la chimie combinatoire pour stocker d'énormes volumes de données biologiques sur une petite puce en verre.
Une fois sur la puce, les données pourraient servir à déterminer des prédispositions à des maladies d'origine génétique et à identifier des agents pathogènes ou d'autres structures biologiques en fonction de leur signature génétique.
La genèse de la puce à ADN débute dans une société européenne à la fin des années 1980, où le Dr Stephen P.A. Fodor dirige une équipe de scientifiques incluant les coinventeurs Michael C. Pirrung, Leighton J. Read et Lubert Styer.
Le Dr Fodor, né à Seattle dans l'État de Washington, obtient son doctorat en chimie à l'université de Princeton, avant d'intégrer en 1989 la société néerlandaise Affymax. Le Dr Fodor est recruté pour travailler à l'Affymax Research Institute de Palo Alto en Californie, une filiale détenue à 100 % par Affymax. C'est là qu'il débute ses recherches qui ont finalement abouti à l'invention de la puce à ADN.
L'idée de base consiste à adopter les mêmes techniques photolithographiques que celles des fabricants de composants microélectroniques de la Silicon Valley, mais ici pour générer rapidement de nombreux composés peptidiques et oligonucléotidiques.
Une seule puce à ADN de 1,28 cm de côté, par exemple, peut accueillir plus de 400 000 de ces molécules "sondes", permettant ainsi aux biologistes de réaliser simultanément un nombre phénoménal d'expériences. Les chercheurs peuvent désormais "interroger" un génome tout entier en même temps au lieu de seulement quelques gènes et effectuer des recherches en quelques heures au lieu de plusieurs semaines, mois ou même années.
Le potentiel commercial de la puce à ADN est évident dès le départ, et le Dr Fodor se retrouve vite entrepreneur en plus de sa casquette de scientifique. En 1993, il crée Affymetrix, société dérivée d'Affymax, et en 1994, la fabrication et les ventes sont lancées.
Dès sa création, Affymetrix dépend fortement des subventions publiques pour financer ses recherches et reçoit plus de 30 millions de dollars. La société obtient également 60 millions de dollars à deux levées de fonds d'investissements privés, puis 90 millions de dollars supplémentaires à l'occasion de son introduction en bourse en 1996.
Bien que les recettes restent maigres pour Affymetrix l'année de son introduction en bourse, avec seulement 25 millions de dollars, la société sort entre 5 000 et 10 000 puces à ADN par mois en 2001. Aujourd'hui, Affymetrix emploie environ 1 000 personnes et le Dr Fodor, désormais directeur général de la société, peut se féliciter d'un chiffre d'affaires mondial approchant la barre des 400 millions de dollars.
Dès le départ, Affymetrix s'est forgé une réputation de protection méthodique et offensive de ses technologies fondamentales au travers de son portefeuille de propriété intellectuelle. À la fin 2000, la société détenait 150 brevets, tandis que les droits et taxes de licence représentaient 10 % de ses recettes.
Le brevet de la puce à ADN est déposé en Europe en août 1994 (EP0476014). C'est une période remarquable pour la science : le projet de décryptage du génome humain est en pleine exécution et suscite un intérêt marqué, aussi bien dans les cercles restreints de la communauté scientifique que dans la presse grand public.
Les produits d'Affymetrix sont aujourd'hui utilisés par des entreprises pharmaceutiques, de biotechnologie, d'agrochimie, de diagnostic et de produits de consommation, ainsi que par des établissements universitaires et publics et d'autres organismes de recherche à but non lucratif.
Les puces sont utilisées dans un certain nombre de domaines cliniques et fondamentaux de la recherche, notamment la détection des mutations résistant aux médicaments dans les organismes infectieux, le suivi d'une multitude de gènes humains pour les mutations associées au cancer ou la recherche sur des pathologies allant du diabète aux maladies cardiaques.
Surnommée la "pierre de Rosette de la génétique fonctionnelle", la puce du Dr Fodor et d'Affymetrix est à l'origine de systèmes permettant aux scientifiques d'améliorer la qualité de vie.
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