4.3. Subdélégation de pouvoir

Dans l'affaire T 227/92, la chambre a jugé non valable la subdélégation de pouvoir opérée entre le mandataire agréé et une personne qui n'était pas mandataire agréé au sens de l'art. 134 CBE 1973. Cette dernière devait donc se borner à agir en tant que conseiller technique auprès du mandataire agréé.

Dans l'affaire T 382/03, le mandataire précédent, M. E, appartenant au groupement UDL, avait envoyé un fax afin d'annoncer que M. U., qui ne faisait pas partie de ce groupement, représenterait l'intimé 1 au cours de la procédure orale devant la chambre. M. E. n'avait pas indiqué à la chambre la cessation de son mandat. Dans ce contexte, la décision du Président exigeait que le nouveau mandataire, M. U., prouve qu'il était habilité à agir pour le compte de l'intimé 1. Etant donné que M. U. ne s'était pas référé à un pouvoir général émanant de l'intimé 1, la preuve d'un pouvoir particulier devait être apportée à la chambre. Pour ce faire, il convenait en principe de déposer directement un pouvoir particulier de l'opposant 1 ou de déposer une subdélégation de pouvoir émanant d'un mandataire habilité à subdéléguer un pouvoir à un troisième mandataire. Compte tenu de la subdélégation de pouvoir effectuée par le groupement UDL et déposée par M. U. au cours de la procédure orale, la seule question en suspens était de savoir si UDL était habilité à effectuer une subdélégation de ce type.

La décision T 1081/06 illustre le cas où un mandataire agrée est habilité, par une série de délégations de pouvoirs, à présenter des moyens pour le compte d'une partie.

Dans la décision T 1676/08, la chambre a considéré que dans l'espèce dont elle était saisie, elle n'avait pas de raison de douter que M. S., avocat habilité à agir en qualité de mandataire, disposait d'une subdélégation de pouvoir en bonne et due forme. De plus, le jour même de la procédure orale, le mandataire agréé, M. M., a indiqué, à toutes fins utiles, qu'il soutenait tout moyen invoqué par M. S. pendant cette procédure orale.

Dans l'affaire T 1693/10, le sous-pouvoir – contesté – donné à un second mandataire agréé avait finalement été retiré. Ce mandataire accompagnant a dès lors été regardé comme un assistant du mandataire au sens de G 4/95 (JO 1996, 412). Faute de remplir au moins un des critères posés par G 4/95, le mandataire accompagnant n'a pas été autorisé par la chambre à prendre la parole lors de la procédure orale.

Dans l'affaire T 2453/12, l'opposition de l'opposant 2 avait été formée sous le nom d'une entreprise qui avait déjà cessé d'exister ("ISP Investments LLC") et avait été rejetée comme irrecevable par la division d'opposition pendant la procédure orale. Le représentant de l'opposant 2 avait alors été mandaté pour représenter l'opposant 1 pendant la procédure d'opposition. Le titulaire du brevet (intimé) a considéré que le même représentant ne pouvait pas agir également pour l'autre opposant. Les requérants ont fait valoir que les représentants de l'opposant 1 – qui étaient de toute façon ses employés – continuaient d'être habilités à représenter celui-ci et que le recours formé par ces représentants était donc recevable. L'opposant 1 avait simplement subdélégué le pouvoir au représentant de l'opposant 2 pendant la procédure d'opposition. La chambre a fait observer que, selon l'art. 133(1) et (3) CBE, une personne morale dont le siège se trouve dans un État partie à la CBE n'est pas tenue de se faire représenter par un mandataire agréé dans les procédures devant l'OEB. Elle peut se faire représenter également par un employé habilité, et ce même si elle a donné pouvoir à un mandataire agréé en parallèle. Une partie ne peut en aucun cas se priver, en déléguant des pouvoirs, du droit de se représenter elle-même. Pour cette seule raison, il ne pouvait y avoir de doute sur le fait que les représentants internes de l'opposant 1 étaient habilités à former le recours.

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