European Patent Office

T 0315/03 (Animaux transgéniques/HARVARD) du 06.07.2004

Identifiant européen de la jurisprudence
ECLI:EP:BA:2004:T031503.20040706
Date de la décision
6 juilliet 2004
Numéro de l'affaire
T 0315/03
Requête en révision de
-
Numéro de la demande
85304490.7
Classe de la CIB
C12N 15/85
Langue de la procédure
Anglais
Distribution
Publiées au Journal officiel de l'OEB (A)
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Décision en anglais
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Autres décisions pour cet affaire
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Résumés pour cette décision
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Titre de la demande
Method for producing transgenic animals
Nom du demandeur
THE PRESIDENT AND FELLOWS OF HARVARD COLLEGE
Nom de l'opposant
British Union for the Abolition of Vivisection
Bundesverband der Tierversuchsgegner et al
Ökologisch - Demokratische Partei
Büchner Reinhard
Meinel A. et al; Fraktion Bündnis 90
Fuchs U. et al
Fraktion Bündnis 90/ DIE GRÜNEN im Bayer. Landtag
Evangelischer Stadtkirchenverband Köln
Koechlin F., Schenkelaars P. et al. "No Patents on Life"
Voggenhuber J. et al
Keine Patente auf leben
Hamberger Sylvia et al
Bundeszentrale der Tierversuchsgegner Österreichs
Wiener Tierschutzverein und Zentralverband der
Tierschutzvereine Österreichs
Helletberger H.
Deutsche Tierhilfswerk e.V.
Chambre
3.3.08
Sommaire

I. Les règles 23ter à 23sexies CBE sont applicables aux affaires, telles que la présente espèce, qui étaient en instance à la date à laquelle ces règles sont entrées en vigueur comme prévu par le législateur (cf. partie 5 des motifs).

II.1 Une invention relevant de l'une des quatre catégories énoncées à la règle 23quinquies a) à d) CBE doit ipso facto être exclue de la brevetabilité en vertu de l'article 53a) CBE et il n'est pas nécessaire de poursuivre l'examen au regard de cet article ; en revanche, une invention ne relevant pas de l'une de ces catégories doit être examinée au regard de l'article 53a) CBE (cf. partie 6 des motifs).

II.2 Par conséquent, la règle 23quinquies d) CBE introduit pour les affaires qui en relèvent une objection au titre de l'article 53a) CBE (une objection du "type de la règle 23quinquies d)") qui, selon les circonstances et par conséquent la pertinence de l'objection, peut soit s'ajouter soit se substituer à une objection au titre de l'article 53a) CBE lui-même (une "véritable" objection au titre de l'article 53a) CBE), telle que précédemment considérée par la jurisprudence (cf. partie 6 et point 10.1 des motifs).

III. La règle 23quinquies d) CBE n'implique pas d'excès de pouvoir et n'est pas contraire au principe de l'interprétation restrictive des dispositions d'exception ou au droit antérieur (cf. partie 7 des motifs).

IV. Il convient d'examiner une objection au titre de l'article 53a) CBE du "type de la règle 23quinquies d)" en se plaçant à la date de dépôt ou de priorité du brevet ou de la demande en cause. Les preuves ultérieures peuvent être prises en considération dès lors qu'elles se rapportent à la situation à cette date (cf. points 8.2, 9.5 et 9.6 des motifs).

V.1 Le test de la règle 23quinquies d) CBE exige d'examiner uniquement trois aspects, à savoir les souffrances des animaux, l'utilité médicale et la correspondance nécessaire entre les deux en ce qui concerne les animaux en question (cf. point 9.1 des motifs).

V.2 Le niveau de preuve requis est le même pour les souffrances des animaux et l'utilité médicale substantielle, à savoir une probabilité (cf. points 9.2 et 9.3 des motifs).

VI.1 Lorsque l'on examine une "véritable" objection au titre de l'article 53a) CBE, il n'existe pas de définition unique des bonnes moeurs fondée par exemple sur des principes économiques ou religieux qui constituerait une norme admise dans la culture européenne. Les sondages d'opinion ont une valeur probatoire très limitée pour les raisons énoncées dans la décision T 356/93 (cf. points 10.1 à 10.4 des motifs).

VI.2 Dans les cas concernant la manipulation d'animaux, le test préconisé dans la décision T 19/90 est approprié. Celui-ci se distingue à plusieurs égards du test de la règle 23quinquies d) CBE, et ce principalement en ce qu'il permet de prendre en considération d'autres aspects que la souffrance des animaux et l'utilité médicale (cf. points 10.5 et 10.6 des motifs).

VI.3 Etant donné que l'examen se base "avant tout" sur le test de la décision T 19/90, il est possible de prendre en considération d'autres arguments concernant la norme appropriée en matière de bonnes moeurs et d'ordre public, mais tous les arguments doivent être étayés par des preuves (cf. points 10.7 et 10.8 des motifs).

VI.4 Il convient d'examiner une "véritable" objection au titre de l'article 53a) CBE en se plaçant à la date de dépôt ou de priorité ; les preuves ultérieures peuvent être prises en considération dès lors qu'elles se rapportent à la situation à cette date (cf. point 10.9 des motifs).

VII.1 Lors de l'examen au titre de l'article 53b) CBE, le principe énoncé dans la décision G 1/98 (JO OEB 2000, 111) à propos des végétaux et des "variétés végétales" devrait être suivi pour les animaux, à savoir qu'un brevet ne devrait pas être délivré pour une race animale individuelle (ou une espèce ou une variété, selon la version linguistique de la CBE utilisée), mais peut l'être lorsque ses revendications sont susceptibles de couvrir des races animales (cf. point 11.4 des motifs).

VII.2 La définition de la race animale (ou de l'espèce ou de la variété) par référence au rang taxonomique serait en accord avec l'approche suivie pour les variétés végétales et dans l'intérêt de la sécurité juridique, car elle permettrait d'examiner au regard de l'article 53b) CBE, tel qu'interprété par la règle 23quater b) CBE, si la faisabilité technique de l'invention n'est pas limitée à une race (ou une espèce ou une variété) animale déterminée (cf. points 11.5 et 11.6 des motifs).

VII.3 Les différents termes utilisés dans chacune des langues officielles ne concordent pas et désignent des catégories taxonomiques différentes. La stricte application de l'article 177(1) CBE conduirait donc au résultat absurde que l'issue d'une objection au titre de l'article 53b) CBE dépendrait de la langue de la procédure, la version allemande, qui utilise le terme "espèces animales" ("Tierarten"), correspondant au rang taxonomique le plus élevé et offrant ainsi l'objection la plus étendue (cf. points 11.1, 11.2 et 11.7 des motifs).

Mots-clés
Méthode de production de rongeurs transgéniques - contraire à la règle 23quinquies d) CBE (oui)
Méthode de production de souris transgéniques - contraire à la règle 23quinquies d) CBE (non) ou à l'article 53a) CBE (non) ou à l'article 53b) CBE(non)
Exergue
-

DISPOSITIF

Par ces motifs, il est statué comme suit :

1. La décision contestée est annulée.

2. L'affaire est renvoyée devant la première instance à charge pour elle de maintenir le brevet sur la base :

de la première requête subsidiaire déposée pendant la procédure orale,

des pages 3, 6 et 10 de la description telles que modifiées pendant la procédure orale,

des pages 4, 5, 7 à 9 du brevet tel que délivré, et des figures 1 à 8 du brevet tel que délivré.

3. Les requêtes en saisine de la Grande Chambre de recours sont rejetées.

4. Les requêtes en remboursement des frais par l'Office européen des brevets sont rejetées comme irrecevables.