https://www.epo.org/fr/node/black-box-deep-vision

Deep vision – immersive exhibition

 

La mise au point de technologies d’imagerie numérique a sans aucun doute modifié et élargi notre perception du monde. Les nouvelles possibilités pour transformer des concepts abstraits en une information qui peut être présentée et communiquée ont redéfini de façon décisive notre compréhension du monde. DEEP VISION est un espace média polyvalent accueillant des formes novatrices d’enseignement, de formation et de divertissement, ainsi que de nouvelles modalités de présentation et d’expression par les arts. DEEP VISION se veut un prototype au service de la convergence de nouvelles possibilités, de formes uniques de représentation, et de l’accompagnement des défis techniques et sociétaux. Son équipement technique et son orientation sur les contenus sont justement conçus pour explorer ces recoupements. Tirant son inspiration du concept immersif de DEEP SPACE au Centre Ars Electronica Center, DEEP VISION présente trois projets captivants : Made to Measure, ainsi que Gigapixel Editions et Pulse of the EPO, qui sont des commandes numériques de l’OEB.

Pulse of the EPO

Quadrature (DE)

Le contexte :

Pulse of the EPO s’inspire des vastes banques de données de l’OEB. L’œuvre entreprend d’illustrer par l’image l’évolution des données relatives aux brevets durant ces cinquante dernières années en faisant ressortir les tendances technologiques et la direction prise par l’innovation en Europe et au-delà. Composé de toute une série de brefs récits d’une à deux minutes, Pulse of the EPO est une réflexion sur le profond impact que l’Office européen des brevets exerce sur les processus mondiaux de transformation.

L'œuvre :

Pulse of the EPO met en évidence la force transformatrice de la créativité dans les sciences et la technologie, Ses matières premières : l’énorme quantité d’informations techniques et de documents que l’OEB conserve conformément à sa mission de favoriser l’innovation, la compétitivité et la croissance économique.

L’œuvre propose une série d’histoires reflétant l’impact mondial exercé par l’OEB. L’approche observationnelle se mêle à des spéculations subjectives et à la licence poétique. L’inspiration provient de l’immense volume de données, sans rapport avec un contexte précis – des données brutes qui attendent d’être traitées, affinées ou mélangées.
Les choix esthétiques et la dramaturgie sont déterminés par divers paramètres provenant des banques de données de l’OEB, comme la date de soumission d’une demande de brevet, le pays ou lieu d’origine, le demandeur lui-même, le temps qui sépare le dépôt de la demande et la délivrance ou le refus du brevet, le nombre de citations d’une demande de brevet, les domaines techniques, les titres des demandes, les événements juridiques, les familles de brevets et beaucoup d’autres choses. Dans chaque récit, le son et l’image ont été générés simultanément, et s’appuient tous deux sur les ensembles de données de l’OEB. Ceux-ci apportent des renseignements supplémentaires sur les brevets, notamment sur les centaines de milliers d’innovations relevant des technologies d'atténuation du changement climatique et d'adaptation à ses effets.   

Biographie des artistes :

Quadrature, un duo d’artistes basé à Berlin, voit dans les données et la technologies des moyens pour lire et écrire des faits réels. Il emprunte une approche transdisciplinaire, en créant des performances et installations fondées sur le temps, des sculptures traditionnelles et des œuvres bidimensionnelles. Il travaille sur les méthodes et les histoires en rapport avec l’exploration de notre monde et du cosmos. Composé de Juliane Götz et Sebastian Neitsch (avec Jan Bernstein jusqu’en 2016), le duo a été primé et distingué par de nombreuses institutions, parmi lesquelles Ars Electronica, Kunstfonds Bonn, Akademie Schloss Solitude, LaBecque, PODIUM Esslingen, et le Hertz-lab du ZKM Karlsruhe.

Référence :

  • Œuvre d’art originale : Quadrature
  • Commande de l’Office européen des brevets dans le cadre de l’exposition Ars Electronica - Catalyst Lab 2023
Gigapixel Editions – the EPO’s high-resolution digitalised art archive

Ars Electronica

Le contexte:

Un archivage numérique d’œuvres d’arts de la collection de l’OEB a été entrepris en recourant à la photographie à très haute résolution et aux mosaïques d’images numériques. Pour chaque œuvre, de multiples images à haute résolution ont ainsi été assemblées en une représentation numérique unique de l’œuvre, permettant de zoomer sur des détails qui auraient auparavant échappé à l’observation. Sucrologist (2016) de Paul Leitner, Noonday Sun (2019) d’Afra Eisma et CFRP Cityscape XI (2019) d’Ivan Šuletić sont les trois premières œuvres de la collection qui peuvent être examinées ainsi.

L’œuvre :

Ces premiers résultats proposés par Gigapixel Editions permettent d’explorer la dimension esthétique de l’acte de collectionner, de tisser et de peindre en s’appuyant sur le matériel conservé dans une archive numérique, où la reproduction de chacune de ces œuvres d’art représente environ un milliard de pixels. Ce degré de détail n’est devenu possible en photographie numérique que depuis la dernière décennie. Voilà qui ouvre des perspectives nouvelles pour les responsables de collections et les chercheurs en histoire de l’art - et pour le public en général. Grâce à cette nouvelle technologie, ils peuvent examiner les œuvres d’art en ligne de façon plus détaillée qu’ils ne le pourraient dans la plupart des lieux d’exposition traditionnels.

Les motifs et inscriptions d’une variété extraordinaire qui ornent les sachets de sucre de l’œuvre de Paul Leitner Sucrologist (350 x 200 cm) sont visibles comme jamais auparavant, dans un superbe détail. La tapisserie exécutée avec amour et spontanéité d’Afra Eisma est la deuxième en dimensions des trois œuvres ainsi traitées et de loin la plus colorée. Elle donne l’impression d’une esthétique de street art version art textile. L’huile sur toile, légèrement plus petite (200 x 180 cm), d'Ivan Šuletić complète le cycle. Partant d’une image numérique trouvée sur Internet représentant un endroit où il n’est jamais allé, l’artiste se livre à des procédés expérimentaux de peinture et de dessin de paysages urbains, sur un mode quasi mécanique et dépersonnalisé, dans une époque dominée par d’interminables odyssées numériques et par les flux des médias-sociaux.  

Biographie des artistes:

Paul Leitner (AT) vit et travaille à Vienne, où il s’est diplômé auprès de l’Université des arts appliqués en 2011. Il transforme des objets et appareils de la vie de tous les jours en œuvres d’art subtiles et sophistiquées, qui prennent souvent la forme d’installations pluridimensionnelles.

Afra Eisma (NL) a étudié les beaux-arts à l’Académie royale des Beaux-Arts de La Haye et à Central Saint Martins à London. Elle travaille surtout avec des textiles et de la céramique avec lesquels elle crée des installations colorées, immersives, porteuses de messages cachés et d’une émotion toute particulière.

Ivan Šuletić (RS) vit et travaille à Belgrade, où il a obtenu son doctorat en beaux-arts à la Faculté des beaux-arts en 2015. Il travaille et expose dans de nombreux endroits en tant qu’artiste visuel, et il est par ailleurs professeur assistant à la Faculté d’Architecture de sa ville.

Crédits et remerciements:

  • Production et édition : Ars Electronica
  • Photographie gigapixel : Florian Voggeneder
  • Son et musique : Karl Julian Schmidinger
  • Œuvres d’art originales : Paul Leitner Sucrologist (2016), Afra Eisma Noonday sun (2019), Ivan Šuletić CFRP Cityscape XI (2019)
  • Commande de l’Office européen des brevets dans le cadre de l’exposition Catalyst Lab 2023 d’Ars Electronica
Made to Measure

Laokoon: Cosima Terrasse (FR), Moritz Riesewieck (DE) et Hans Block (DE)

Le contexte:

Le savoir est un pouvoir. Et de nos jours, où données égalent savoir, ce sont les données qui sont le pouvoir. Tous les jours, nous laissons sur la toile des traces significatives d’informations sur notre personne. Laokoon a relevé le défi de reconstruire une personne uniquement sur la base de ces traces, en utilisant les données de ses recherches sur google. Le résultat est une installation vidéo à trois canaux qui encourage les spectateurs à réfléchir à leur activité en ligne et à songer à utiliser des outils pour protéger leur sphère privée. 

L’œuvre :

Dans une expérience artistique d’exploitation des données, Laokoon a créé un sosie uniquement sur la base des données personnelles laissées sur Google par un inconnu. Cinq années de la vie de cet inconnu ont été méticuleusement reconstruites et filmées sur scène. Quelques mois plus tard, l’inconnu a rencontré son sosie construit à partir de données. Un film et sur un site web interactif permettent de revivre cette expérience unique. Les visiteurs peuvent s’y convaincre à quel point on peut aller loin dans la connaissance de la vie intérieure et des secrets les plus intimes des gens ; et c’est nous qui permettons à Google, Facebook et à d’autres plateformes en ligne d’acquérir ces connaissances jour après jour.

Mettant à profit un format numérique de narration novateur et complexe, le projet Made to Measure, qui croise plusieurs médias, y compris un documentaire TV, montre comment les entreprises de haute technologie recueillent les données de milliards de personnes, sans hésiter à profit de leurs faiblesses, de leur insécurité, de leurs maladies et de leur susceptibilité aux addictions.

Biographie des artistes:

Laokoon, composé de Cosima Terrasse (FR), Hans Block (DE) et Moritz Riesewieck (DE), est un groupe cross-médias basé à Berlin et à Vienna. Nominé pour un Emmy Award, il s’est fait connaître pour ses expériences immersives et ses documentaires TV qui explorent ce qui se passe à l’intersection entre technologie et société.

Crédits et remerciements:

  • Direction: Cosima Terrasse, Moritz Riesewieck, Hans Block
  • Développement : Gruppe Laokoon, Kulturstiftung des Bundes
  • En coproduction avec : WDR, SRG SSR, OSZE RfOM, Docmine and rbb
  • En collaboration avec : PACT Zollverein
  • Avec le soutien de : Kulturhaus Brotfabrik, vorAnker, Universität für Angewandte Kunst Wien, Starts in Motion et avec l’aimable soutien de l‘Ambassade d’Allemagne.