1. Principes généraux
1.5. Examens "subjectif" et "objectif", présomption d'impartialité
Il convient d'apprécier l'impartialité au titre de l'art. 24(3) et (4) CBE dans la jurisprudence développée par la Grande Chambre de recours et par les chambres de recours dans le sens de la jurisprudence développée par la Cour européenne des droits de l'homme au titre de l'art. 6(1) CEDH en procédant, premièrement, à un examen "subjectif" nécessitant une preuve de la partialité effective du membre concerné et deuxièmement, à un examen "objectif" au cours duquel la chambre chargée de prendre la décision juge si les circonstances de l'espèce peuvent donner lieu à soupçon de partialité apprécié de manière objective (voir T 190/03 ; JO 2006, 502 ; et R 8/13 du 20 mars 2015 date: 2015-03-20. Voir aussi T 1021/01 du 18 mars 2005 date: 2005-03-18; T 1193/02 ; T 281/03 du 18 mars 2005 date: 2005-03-18 et T 281/03 du 30 mars 2006 date: 2006-03-30; T 283/03 ; T 572/03 du 18 mars 2005 date: 2005-03-18). La partialité effective est une caractéristique interne propre au membre concerné de la chambre et sa présence est assurément critiquables, car elle va à l'encontre des exigences du droit à une procédure équitable. Cependant, des soupçons et des apparences ne suffisent pas à établir la partialité effective. En effet, un membre de chambre a pour devoir fondamental, lorsqu'il exerce son pouvoir judiciaire, de prendre objectivement des décisions et de ne pas se laisser influencer par un intérêt personnel ou par les avis ou actes de tiers. Ainsi, l'impartialité personnelle d'un membre de chambre doit être présumée jusqu'à preuve du contraire (outre la jurisprudence citée ci-dessus, voir en particulier G 2/08 du 15 juin 2009 date: 2009-06-15 ; voir aussi R 19/12 du 25 avril 2014 date: 2014-04-25).
En revanche, l'impression de partialité implique des aspects externes et traduit le niveau de confiance que la chambre inspire au public, que le membre ait réellement des préjugés ou non ; il ne faut pas seulement que la justice soit rendue, il faut aussi qu'elle donne l'apparence d'être rendue (voir, outre la jurisprudence citée ci-dessus, G 1/21 du 17 mai 2021 date: 2021-05-17, T 900/02, T 2291/08 ; voir aussi R 8/13 du 20 mars 2015 date: 2015-03-20). Les chambres ont énoncé qu'il n'est pas nécessaire de prouver cet aspect de la partialité de la même façon que la partialité avérée ; il convient plutôt de déterminer si les circonstances donnent lieu à un soupçon de partialité objectivement justifié (élément objectif). Cela correspond pour l'essentiel aux motifs "objectifs" et "raisonnables" identifiés dans la jurisprudence de l'OEB et va dans le sens des principes de procédure généralement admis dans les États membres, par exemple dans la jurisprudence de la CourEDH.
Dans l'affaire G 1/05 (JO 2007, 362), la Grande Chambre de recours a déclaré que la partialité du membre de la chambre concerné ne doit pas forcément être avérée pour qu'une récusation au titre de l'art. 24(3), première phrase, CBE soit justifiée. L'existence d'un soupçon (voir les chapitres III.J.4., III.J.5. et III.J.6 ci-dessous), c'est-à-dire une impression de partialité, suffit (ce que l'on appelle le "test objectif" dans la jurisprudence de la CourEDH depuis l'affaire Piersack c. Belgique (1982), 1er octobre 1982, N° 8692/79, point 30). Rien ne doit compromettre la capacité des tribunaux à garantir que justice soit rendue et soit perçue comme telle par le public (voir aussi R 19/12 du 25 avril 2014 date: 2014-04-25, T 190/03, JO 2006, 502 ; CourEDH, Puolitaival et Pirttiaho c. Finlande, 23 novembre 2004, N° 54857/00). La Grande Chambre de recours a fait observer que la jurisprudence des chambres de recours et d'autres sources reconnaissent toutefois aussi de manière générale que le "soupçon" éprouvé par une partie doit être objectivement justifié. Des impressions purement subjectives ou de vagues soupçons ne sont pas suffisants (voir aussi G 3/08 du 16 octobre 2009 date: 2009-10-16, R 2/12 du 26 septembre 2012 date: 2012-09-26 ; et voir T 190/03, JO 2006, 502 ; et aussi, par exemple, T 985/01 du 18 mars 2005 date: 2005-03-18. Ainsi la chambre chargée de prendre la décision juge si l'ensemble des circonstances de l'espèce peuvent donner lieu à soupçon de partialité apprécié de manière objective. Cette conclusion va dans le sens de la jurisprudence de la CourEDH, voir, par exemple, l'affaire Puolitaival et Pirttiaho c. Finlande : "L'optique du justiciable concerné entre en ligne de compte mais ne joue pas un rôle décisif"(cf. également la décision T 241/98 du 22 mars 1999 date: 1999-03-22 et R 8/13 du 20 mars 2015 date: 2015-03-20). En ce qui concerne le test objectif, Il s'agit ainsi de savoir s'il y a tout lieu de penser qu'une personne raisonnable, objective et avertie éprouverait la crainte, à la lumière des faits établis, que le juge n'ait pas réglé ou ne règle pas l'affaire avec impartialité. Aussi un observateur raisonnable examinant les faits de la cause devrait-il impérativement conclure que la partie pourrait avoir de bonnes raisons de douter de l'impartialité du membre récusé (voir aussi les décisions G 1/21 du 17 mai 2021 date: 2021-05-17, T 954/98 du 9 décembre 1999 date: 1999-12-09 du 9 décembre 1999, T 1257/14 du 5 février 2018 date: 2018-02-05).
Dans l'affaire T 2274/22, du même que l'opposant, un membre du public était présent au briefing de l'interprète, et ce incontestablement par erreur. La chambre a estimé que le risque qu'un tel incident survienne dans le cadre d'une visioconférence était bien plus élevé que dans le cadre d'une procédure orale tenue en présentiel. Compte tenu de la distance physique et de la présence virtuelle dans une visioconférence, un mauvais effet sur l'entourage voire une "mauvaise impression" pouvaient être créés plus rapidement et abaisser ainsi le seuil à partir duquel il peut y avoir soupçon de partialité. C'est pourquoi il y a lieu de soumettre la conduite régulière de la procédure et en particulier la gestion des pannes techniques à de strictes exigences. Dans l'affaire en cause, le titulaire du brevet n'était d'abord pas en mesure de se rendre compte que la partie adverse avait pu obtenir un avantage. Il était donc d'autant plus en droit de s'attendre à ce que la division d'opposition l'informe immédiatement de l'incident.
- T 1876/23
In case T 1876/23 beantragte die Beschwerdeführerin (Patentinhaberin) unter anderem, das Verfahren an die erste Instanz zurückzuverweisen, sowie die Neubesetzung der Einspruchsabteilung für das weitere Verfahren. Sie begründete dies damit, dass die Einspruchsabteilung befangen gewesen sei und die Kammer deshalb die neue Zusammensetzung anordnen solle.
Unter Verweis auf die Rechtsprechung der Großen Beschwerdekammer erinnerte die Kammer daran, dass keine tatsächliche Befangenheit des Organs des EPA vorliegen muss. Es genügt, wenn eine begründete Besorgnis der Befangenheit besteht (G 1/05). Erfüllen nicht alle Mitglieder einer Abteilung das Erfordernis der Unparteilichkeit, so ist bei der Besetzung der Abteilung ein Verfahrensfehler begangen worden, der die Entscheidung in der Regel nichtig macht. Es fällt eindeutig in die Zuständigkeit der Beschwerdekammern, zu entscheiden, ob diese Anforderung erfüllt worden ist (G 5/91)..
Die Beschwerdeführerin führte zahlreiche Gründe auf, die die Befangenheit der Einspruchsabteilung belegen sollten. Insbesondere wurde die Verzögerung bei der Zustellung der Niederschrift und der Entscheidung gerügt, die zu knappe oder fehlende Begründung der Entscheidung, falsches Ausüben des Ermessens, falsche Entscheidungen, neue Einwände während der mündlichen Verhandlung, unberücksichtigte Tatsachen in den Bescheiden vor der Verhandlung, keine Ausführung eines obiter dictum, Verweigerung der Zulassung neuer Hilfsanträge trotz neuer Argumente und insbesondere die Gesamtheit all dieser Gründe.
Die Kammer konnte einerseits bei keinem Einzelnen der oben aufgeführten Gründe an sich einen schweren Verfahrensfehler feststellen, der als stichhaltiger Beweis für eine Befangenheit der Abteilung ausreichend wäre. Andererseits merkte die Kammer an, dass die Einspruchsabteilung Hilfsanträge während der Verhandlung nicht zugelassen hatte. Wenn aber neue Argumente während der mündlichen Verhandlung vorgebracht werden, muss der Kammer zufolge gemäß Art. 116 EPÜ der betroffenen Partei die Gelegenheit gegeben werden, auf diese Argumente zu reagieren.
Der Kammer zufolge hätte die Einspruchsabteilung der Beschwerdeführerin deshalb die Gelegenheit geben müssen, mindestens einen neuen Hilfsantrag als Reaktion auf die neuen, während der mündlichen Verhandlung vorgebrachten Einwände und Argumente einzureichen, bzw. hätte die neu eingereichten Hilfsanträge zumindest prima facie prüfen müssen. Dies wertete die Kammer als schweren Verfahrensfehler. Die Einspruchsabteilung scheint die Absicht gehabt zu haben, der Patentinhaberin nicht die notwendige Möglichkeit zu geben, die Einwände unter Art. 123(2) EPÜ auszuräumen. Dies erweckte bei der Kammer einen begründeten Zweifel an der Unparteilichkeit der Einspruchsabteilung. Außerdem hätte ein objektiver Betrachter angesichts der hohen Anzahl, Summe und Gesamtheit der genannten Einwände begründete Zweifel an der Unparteilichkeit der Einspruchsabteilung im vergangenen Verfahrensabschnitt und insbesondere für das weitere Verfahren. Die Kammer war daher der Meinung, dass eine begründete Besorgnis der Befangenheit der Einspruchsabteilung vorlag. Wenn eine solche Besorgnis der Befangenheit festgestellt werden kann, betrifft dies der Kammer zufolge auch die Entscheidung über den Hauptantrag. Deshalb war die Kammer der Meinung, dass alleine wegen der Besorgnis der Befangenheit auch schon bei der Entscheidung über den Hauptantrag ein schwerer Verfahrensfehler vorlag. Die Besorgnis der Befangenheit hat sich für einen objektiven Betrachter erst bei der Nichtzulassung weiterer Hilfsanträge trotz neuer Einwände manifestieren können..
Die Kammer hob die angefochtene Entscheidung auf und verwies die Sache an eine neu zusammen zu setzende Einspruchsabteilung zurück. Sie begründete dies damit, dass die Einspruchsabteilung im bisherigen Verfahren zumindest den Anschein der Befangenheit erweckt und durch Verletzung des rechtlichen Gehörs einen Verfahrensfehler begangen hat. Abschließend merkte sie an, dass sie selbst nicht über die Befugnis verfügt, die Ersetzung der Mitglieder anzuordnen und die Zusammensetzung der Einspruchsabteilung zu bestimmen.