1.4. Remplacement ou suppression de caractéristiques dans une revendication
1.4.1 Extension de la portée d'une revendication – autorisée dans les limites de la divulgation initiale
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La suppression d'une caractéristique dans une revendication telle que déposée peut avoir pour effet d'étendre la portée de cette revendication. Selon la décision G 1/05 date: 2007-06-28 (JO 2008, 271, se référant à G 1/93, JO 1994, 541), le demandeur a le droit de modifier les revendications de manière à les faire porter sur un objet non compris dans les revendications telles que déposées. C'est seulement après la délivrance que les intérêts des tiers continuent d'être protégés par l'art. 123(3) CBE et que le droit du titulaire du brevet de modifier les revendications est limité par l'étendue du brevet délivré.
Dans la décision T 133/85 (JO 1988, 441), la chambre a constaté qu'il est donc possible d'élargir la portée d'une revendication (c'est-à-dire d'étendre la protection qu'elle confère) sans contrevenir aux dispositions de l'art. 123(2) CBE, à condition que l'objet introduit pour la première fois dans les revendications du fait de cette modification ait déjà fait partie du contenu de la demande initiale telle qu'elle avait été déposée (confirmé p. ex. dans les décisions T 732/00, T 273/04, T 1211/05, T 915/23).
Dans la décision T 66/85 (JO 1989, 167), la chambre a déclaré que si le demandeur supprime une caractéristique technique figurant dans une revendication, afin de ne pas exclure de la protection certains modes de réalisation de l'invention, cette extension de la portée de la revendication n'est pas contraire à l'art. 123(2) CBE 1973, à condition que le texte de la demande déposée à l'origine puisse servir de fondement à une revendication ne comportant pas cette caractéristique (cf. aussi T 228/98).
Dans la décision T 1724/08, la chambre a constaté que l'art. 76(1) CBE 1973 n'interdit pas d'étendre des caractéristiques individuelles divulguées, en particulier celles d'une revendication indépendante telle que déposée ; ces modifications doivent elles aussi être divulguées directement et sans ambiguïté dans la demande antérieure telle que déposée (cf. également T 1727/09).
La chambre a estimé que le terme "bon" dans l'expression "bon contact" était techniquement pertinent dans le contexte de la décision T 345/24. Pour une personne du métier, un bon contact, du moins dans le domaine technique des articles absorbants, impliquerait un contact face à face sur une grande surface entre deux éléments de l'article. À l'inverse, si deux éléments étaient simplement "en contact" l'un avec l'autre, l'expression couvrirait, à l'extrême, un simple contact ponctuel sur une petite surface. Cette dernière condition de contact minimal entre deux éléments ne serait pas considérée par la personne du métier comme constituant un "bon" contact entre les éléments. Bien que le terme "bon" soit quelque peu imprécis, dans le contexte dans lequel il était utilisé dans la description, il serait néanmoins compris comme indiquant un certain type, une certaine quantité et/ou une certaine qualité de contact. L'argument du titulaire, se référant à la décision G 1/93, selon lequel le terme "bon" pouvait être omis de la revendication 1 en raison de son absence de signification technique, n'a donc pas été accepté par la chambre. En outre, la chambre a expliqué qu'au moins un contact favorisant un transfert rapide des liquides était sous-entendu par l'expression "bon contact", ce que le mot "contact" seul ne permettait pas d'atteindre.